Troisième rencontre du groupe de soutien URHN-SCHM

Notre Unité s’est associée à la Société canadienne d’histoire de la médecine pour offrir un espace de rencontres et de discussion autour de projets de rédaction en cours aux étudiant‧e‧s diplômé‧e‧s et chercheur‧e‧s dont les travaux traitent de l’histoire de la médecine et de la santé.

La troisième rencontre aura lieu le jeudi 6 mai prochain à 12h (EST) autour de deux présentations touchant à l’histoire de la santé entre institutions et mobilisations.

Pour obtenir le lien Zoom , écrire à nhru@uottawa.ca

Résumés des interventions :

L’invention médicale de l’aviateur. L’institutionnalisation de la sélection médicale des pilotes de guerre, France-Royaume-Uni (1914-1934)

Aude-Marie Lalanne Berdouticq

La Première Guerre mondiale est un moment clef de l’invention médicale du pilote de guerre. Au commencement du conflit, les armées française et britannique sélectionnent leurs combattants au cours d’un examen destiné à estimer leur aptitude militaire. Peu de choses sont spécifiquement prévues pour ces soldats d’un genre nouveau que sont les aviateurs, confrontés en plein ciel à des conditions et des exigences fort éloignées de celle des fantassins des tranchées. C’est au cours de la guerre qu’est donné un élan décisif à la médecine aéronautique et que se développent les procédures et les outils de la sélection médicale des pilotes. Le conflit constitue un terrain d’expérimentation médicale et technique d’une ampleur tout à fait inédite dont l’objectif est de dégager au plus vite les critères de l’aptitude des aviateurs et les moyens efficaces de procéder au choix des hommes.

Au croisement de l’histoire de l’expertise, de l’histoire des pratiques savantes et de l’histoire des sociétés en guerre, je me propose de faire l’étude de l’institutionnalisation de la sélection médicale des pilotes de guerre français et britanniques entre 1914 et 1934. Les développements institutionnels et techniques de l’aviation militaire sont désormais bien connus et ont été enrichis par l’histoire culturelle qui a mis en évidence l’imaginaire mythifié du pilote de guerre. La participation des médecins à l’élaboration des caractéristiques physiques et mentales de cette profession est cependant demeurée dans l’ombre. L’histoire de la médecine en guerre et de la médecine militaire, notamment britannique, s’est pourtant saisie des aviateurs, mais uniquement du point de vue de la spécificité des troubles pouvant les affecter et des soins qu’on a pu leur apporter (Cobden, 2018 ; Collins, 2015 ; Teyssier, 1988). Or, faire l’histoire de la définition médicale de l’aviateur permet de relire à nouveaux frais la genèse d’une profession, le rôle et le pouvoir des experts médicaux et l’impact de la guerre sur les pratiques savantes.

« Pour que maman ne parte pas si loin » : Les familles des malades face à la politique de rationalisation des dépenses en psychiatrie (1945-1948)

Gaspard Bouhallier

A l’occasion de cette troisième rencontre du groupe de soutien URHN-SCHM, je souhaiterais présenter un article que je compte proposer à la revue Histoire, médecine et santé. Cet article se propose de traiter l’histoire d’une mobilisation sociale survenue dans l’ensemble des hôpitaux psychiatriques du département de la Seine entre les mois de février et d’avril 1948. Organisés par les syndicats du personnel secondaire et les familles des malades des « comités de défense » s’opposaient à un projet de suppression des hôpitaux psychiatriques de Moisselles et de Perray-Vaucluse, et dénonçaient, derrière lui, la politique de compression budgétaire du département. Selon les familles, les malades placés dans ces deux hôpitaux auraient ainsi été transférés dans des hôpitaux psychiatriques situés en province. Un éloignement contraint qui aurait empêché les familles de les visiter et de leur fournir un soutien moral. Pour les élus et le préfet, le projet apparaissait néanmoins comme nécessaire du fait de la « vacance » d’un grand nombre de lits dans les établissements psychiatriques. C’est, en ce sens, l’histoire d’une confrontation entre deux logiques antagonistes que je souhaite retracer : celle des autorités départementales et des élus qui doivent répondre à des impératifs budgétaires et sanitaires contraignants, et celle des familles et des infirmiers qui estiment nécessaire de préserver l’équipement hospitalier. Mon objectif est ainsi de montrer que la période d’après-guerre, souvent désignée dans l’historiographie de la psychiatrie comme une période révolutionnaire sur le plan des techniques thérapeutiques et des innovations institutionnelles (CTRS), est également un moment de crise et de tensions sociales. Pour ce faire je repose mon travail sur les sources produites par le département (Bulletin Municipal Officiel du Conseil Général de la Seine, dossiers des délibérations), sur la littérature médicale, ainsi que sur les lettres et pétitions produites par les soignants et les familles. Des documents qui mettent, à mon avis, en évidence la précarité économique des familles et la médiocrité des moyens techniques dont disposait le département pour répondre aux différents besoins socio-sanitaires.


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