Première rencontre du groupe de soutien URHN-SCHM

Notre Unité s’est associée à la Société canadienne d’histoire de la médecine pour offrir un espace de rencontres et de discussion autour de projets de rédaction en cours aux étudiant‧e‧s diplômé‧e‧s et chercheur‧e‧s dont les travaux traitent de l’histoire de la médecine et de la santé.

La première rencontre aura lieu le 23 mars prochain à 12h (EST) autour de deux présentations touchant à l’histoire de la psychiatrie vue par ses dossiers.

Pour obtenir le lien Zoom , écrire à nhru@uottawa.ca

Résumés des interventions :

Idiotie, débilité, imbécilité et arriération à Saint-Michel-Archange. La déficience intellectuelle à l’hôpital psychiatrique de Québec, depuis 1951

 Hubert Larose-Dutil

Étudiant à la maitrise en histoire à l’Université d’Ottawa, sous la direction de Marie-Claude Thifault, j’étudie la déficience intellectuelle à l’hôpital psychiatrique de Québec à partir des années 1950.

Pour ce faire, je m’appuie sur l’étude de dossiers médicaux de patients hospitalisés à l’hôpital psychiatrique Saint-Michel-Archange de Québec depuis 1951 et ayant reçu un diagnostic s’apparentant à ce que nous appelons aujourd’hui la déficience intellectuelle. Adoptant une perspective from below, j’ai choisi de centrer mon étude sur les parcours de 14 patients afin d’essayer de comprendre pourquoi l’hôpital psychiatrique et l’hospitalisation ont joué un rôle central dans les soins qu’ils ont reçus, et ce bien après la mise en place des mouvements de désinstitutionnalisation des années 1960 et 1970. Attentif à l’expérience des patients dont témoignent leur dossier, j’ai pu observer que l’hôpital fut, oui un lieu oppressant et disciplinaire, mais également un espace refuge, dont la facilité d’accès aux soins qui y existait, les liens qui y furent développés et le care du personnel soignant furent appréciés par les patients et les patientes. 

Les dossiers patients en psychiatrie. Au cœur de l’archive

Joris Guillemot

Inscrit en doctorat à l’université du Mans depuis 2018, j’étudie, sous la direction d’Hervé Guillemain, l’histoire de l’hôpital psychiatrique de Plouguernével (Bretagne) entre les années 1930 et les années 1950. L’établissement, créé en 1934, a été administré pendant près de soixante années par une entreprise privée à la tête de laquelle se trouvait un industriel nommé Justin Perchot.

Mon travail veut s’inscrire dans le cadre d’une histoire sociale de la psychiatrie, dont l’objectif est notamment de saisir la vie à l’asile à hauteur de patients. Dans cette perspective, les dossiers patients sont très utiles car ils fournissent des indications très concrètes sur le fonctionnement, à plusieurs niveaux, d’un établissement psychiatrique (pratiques médicales, âge des malades au moment de leur internement…). Je tente néanmoins d’aller plus loin que la simple récolte d’informations, en considérant ces dossiers pour ce qu’ils sont : des objets dans lesquels il est possible de lire les certitudes et les hésitations du discours que l’institution produit sur les malades et surtout sur elle-même. Ce renversement des perspectives est d’autant plus important pour l’asile de Plouguernével, que les médecins-chefs qui y officient sur la période qui m’intéresse doivent faire face à des malades qui, pour la plupart d’entre eux, ont déjà un vrai parcours en psychiatrie derrière eux quand ils arrivent en Bretagne.

Dans la lignée des travaux de l’anthropologue Ann Laura Stoler sur les archives coloniales, je porte ainsi mon attention sur des éléments qui peuvent sembler, a priori, anecdotiques : un mot, une expression, la formulation d’une phrase. À terme, l’objectif est de mettre à jour les logiques de fonctionnement de ces dossiers patients. Je tente actuellement d’appliquer cette démarche au cas de Maryvonne, dont l’internement à Plouguernével s’étend d’août 1934 à juin 1951. Son dossier, relativement bien fourni, comprend des documents assez « classiques » comme des certificats immédiats ou des comptes rendus d’entretiens avec le psychiatre. On y trouve également un mémoire dans lequel la malade relate son existence, dans l’objectif de se voir restituer son enfant placé à l’Assistance publique.


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